{"id":30786,"date":"2025-05-04T22:51:56","date_gmt":"2025-05-04T21:51:56","guid":{"rendered":"https:\/\/cyclenorway.com\/?p=30786"},"modified":"2025-05-04T22:51:56","modified_gmt":"2025-05-04T21:51:56","slug":"alone-on-two-wheels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cyclenorway.com\/fr\/seul-sur-deux-roues\/","title":{"rendered":"Seul sur deux roues : Deuxi\u00e8me partie"},"content":{"rendered":"
Le voyage \u00e0 v\u00e9lo d'une fille \u00e0 travers la Norv\u00e8ge \u2013 Partie 2 <\/strong><\/p>\n\n\n\n Nous retrouvons Angela dans son aventure de 11 jours, du fjord d'Oslo aux hautes terres du centre de la Norv\u00e8ge. Seule sur des routes isol\u00e9es, avec seulement son fid\u00e8le v\u00e9lo pour la faire avancer. Partie 1<\/strong> du voyage peut \u00eatre trouv\u00e9 ici<\/a><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n Texte et photos par\u00a0Angela Bonaccorso<\/a><\/strong><\/em>, un cr\u00e9atif d'origine italienne install\u00e9 \u00e0 Barcelone, en Espagne. Remerciements sp\u00e9ciaux \u00e0 Guido Gazzaniga et Gjermund Gustavsen pour avoir contribu\u00e9 trois photos<\/em><\/p>\n\n\n\n Jour 6 \u2013 D'Aurlandsvangen \u00e0 Borgund | 72 km \u2013 1 740 m de d\u00e9nivel\u00e9<\/strong> La pente se fait sentir d\u00e8s le d\u00e9part. Nous p\u00e9dalons doucement, nous arr\u00eatant \u00e7\u00e0 et l\u00e0 pour faire des photos. Puis, petit \u00e0 petit, nous perdons de vue le fjord et entrons dans un paysage plus montagneux, qui me rappelle les cimes rugueuses de Catalogne. Un ami m'avait dit que cette mont\u00e9e serait ardue, mais il avait aussi dit que la plus belle partie viendrait apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n Et en fait, \u00e0 mesure que nous approchons du sommet, je commence \u00e0 comprendre pourquoi. Parmi ces pics rocheux, des lacs commencent \u00e0 appara\u00eetre. Nous profitons du soleil et du beau temps pour une longue pause et pour manger. Nous rencontrons un autre voyageur \u00e0 v\u00e9lo, discutons un peu avec lui \u2014 il se dirige vers le nord \u2014 puis nous repartons.<\/p>\n\n\n\n Un plateau ouvert se d\u00e9ploie devant nous, avec des vues \u00e0 couper le souffle. Un chemin de montagne nous fait monter et descendre sur une route asphalt\u00e9e qui serpente entre lacs, sommets et glaciers. C'est incroyable, la Norv\u00e8ge ne cesse de me surprendre. Nous remplissons nos gourdes avec de l'eau fra\u00eeche d'une cascade.<\/p>\n\n\n\n J'ai presque le regret que la descente commence ? cela signifie laisser ces paysages derri\u00e8re nous.<\/p>\n\n\n\n Nous atteignons le premier village. Je suis maintenant \u00e0 mi-chemin de mon voyage et je dois acc\u00e9l\u00e9rer si je veux arriver \u00e0 Oslo \u00e0 temps pour mon vol de retour. Alors, pendant qu'Andrea et Mijol s'arr\u00eatent dans un camping, je d\u00e9cide de continuer.<\/p>\n\n\n\n C\u2019est \u00e9trange \u2014 avant de les rencontrer, je me sentais seule, et apr\u00e8s deux jours pass\u00e9s ensemble, j\u2019ai \u00e0 nouveau besoin de solitude : aller \u00e0 mon rythme, m\u2019arr\u00eater quand je veux, rester dans le silence, \u00e9couter mes sensations. Pourtant, d\u00e8s que nous nous disons au revoir, je ressens \u00e0 nouveau un petit vide. Comme si le bonheur ne pouvait pas \u00eatre \u2014 ou pouvait \u00eatre \u2014 pr\u00e9sent dans les deux options. Alors j\u2019essaie de me rappeler les raisons pour lesquelles je choisis parfois de voyager seule. Et je vais de l\u2019avant.<\/p>\n\n\n\n La pens\u00e9e r\u00e9currente revient : o\u00f9 vais-je dormir ce soir ? Je consulte la carte, \u00e0 la recherche d'un potentiel camping. Je scrute les environs, mais rien ne convient : trop bruyant, trop pentu, trop in\u00e9gal, trop pr\u00e8s de la route. Je consulte l'application Park4Night et vois quelques aires de pique-nique sur le chemin, alors quand je trouve la premi\u00e8re, je d\u00e9cide de m'arr\u00eater.<\/p>\n\n\n\n Avant de monter la tente, j'essaie toujours de me connecter \u00e0 ce que je ressens, aux sensations que je remarque, et en attendant, je pr\u00e9pare le d\u00eener. Il y a d'autres campeurs et des caravanes. Ce n'est certes pas un endroit spectaculaire, mais cela semble \u00eatre un coin tranquille. Je monte la tente et une autre journ\u00e9e se termine.<\/p>\n\n\n\n Jour 7 \u2013 De Borgund \u00e0 Ulls\u00e5k | 72 km \u2013 1 100 m de d\u00e9nivel\u00e9 positif <\/strong><\/p>\n\n\n\n Pendant mon voyage en Norv\u00e8ge, le M\u00e8re du Nord<\/a> un \u00e9v\u00e9nement d'ultracyclisme se d\u00e9roule \u2014 la course m\u00eame qui a inspir\u00e9 une grande partie de mon itin\u00e9raire et de mes choix de route. C'est organis\u00e9 par Bruno, un ami italien, et je connais quelques-uns des coureurs qui y participent : il y a Guido, un gars de Milan, et Pierfrancesco, que j'ai rencontr\u00e9 lors d'un de mes voyages \u00e0 v\u00e9lo dans les Alpes. Puis il y a la l\u00e9gendaire Tatiana, que j'ai appris \u00e0 conna\u00eetre pendant Rallye des femmes Komoot dans les Badlands.<\/a><\/p>\n\n\n\n C'est incroyable comme le v\u00e9lo rassemble les gens. Nous n'avons pass\u00e9 que peu de temps ensemble, et pourtant, j'ai l'impression de vous conna\u00eetre depuis des ann\u00e9es. Je passe devant l'un des postes de contr\u00f4le officiels \u2014 une stavkirke, une \u00e9glise traditionnelle en bois avec des poutres sombres et une structure vraiment captivante. Il y a quelque chose de mystique en elle.<\/p>\n\n\n\n Vient ensuite la grande ascension de la journ\u00e9e. Au d\u00e9but, le paysage n\u2019est pas particuli\u00e8rement saisissant, mais l\u2019id\u00e9e de croiser des visages familiers en chemin rend tout cela plus passionnant. La premi\u00e8re personne que je rencontre est Guido. Il d\u00e9borde d\u2019enthousiasme, visiblement enchant\u00e9 par cette r\u00e9gion, bien qu\u2019il soit visiblement fatigu\u00e9. Nous prenons des photos l\u2019un de l\u2019autre avant qu\u2019il ne reprenne la route \u2014 il lui reste encore un long chemin \u00e0 parcourir ! Ensuite, je croise Pierfrancesco \u2014 toujours joyeux et optimiste. Juste le temps d\u2019un rapide selfie et d\u2019une story Instagram, puis nous reprenons chacun notre route. Il ne manque plus que Tatiana. Nous \u00e9changeons quelques messages et convenons de nous retrouver le lendemain. C\u2019est elle qui sugg\u00e8re un d\u00e9tour qui s\u2019av\u00e9rera \u00eatre l\u2019un des moments forts du voyage : la Voie lact\u00e9e (Mj\u00f8lkevegen).<\/p>\n\n\n\n Je continue mon chemin, d'abord un peu perdue sur un sentier cahoteux o\u00f9 je dois pousser le v\u00e9lo dans des pentes raides\u2014du travail acharn\u00e9 ! Finalement, je retrouve la route goudronn\u00e9e, o\u00f9 je suis stup\u00e9faite par la vue de magnifiques toits verts, se fondant \u00e0 merveille dans le paysage. J'ai d\u00e9cid\u00e9 de passer la nuit dans un camping. Et avec un peu de chance, on m'offre un petit chalet pour le m\u00eame prix qu'un emplacement de tente \u2014 seulement 15 euros. Je me sens tellement chanceuse.<\/p>\n\n\n\n Jour 8 \u2013 De Ulls\u00e5k \u00e0 Ryfoss | 63 km \u2013 800 m de d\u00e9nivel\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n Suivant les conseils de Tatiana, je d\u00e9cide de modifier l\u00e9g\u00e8rement mon itin\u00e9raire : je veux m\u2019offrir un dernier moment fort avant de rentrer \u00e0 Oslo. Je fais donc un petit d\u00e9tour pour parcourir au moins un tron\u00e7on de la Voie lact\u00e9e (Mj\u00f8lkevegen).<\/p>\n\n\n\n Les paysages s'annoncent d\u00e9j\u00e0 prometteurs !<\/p>\n\n\n\n Tatiana et moi nous croisons en plein milieu d'un sentier forestier. C'est incroyable\u2014il y a quelques mois \u00e0 peine, nous nous \u00e9tions rencontr\u00e9s dans le sud profond de l'Andalousie, et nous voil\u00e0, r\u00e9unis dans le nord ?. Et une fois de plus, avec elle, j'ai l'impression que nous n'avons jamais vraiment perdu contact.<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s notre rencontre, j'ai encore plusieurs kilom\u00e8tres de sentier accident\u00e9 et in\u00e9gal \u00e0 parcourir. Je dois parfois pousser le v\u00e9lo, mes pieds s'enfon\u00e7ant dans la boue. Comme d'habitude, j'essaie de g\u00e9rer l'anxi\u00e9t\u00e9 que les endroits isol\u00e9s peuvent me causer. Finalement, j'atteins une piste plus large qui m\u00e8ne \u00e0 un petit village. Je m'arr\u00eate dans une sup\u00e9rette pour acheter quelque chose \u00e0 manger, et la pluie commence. Je me mets \u00e0 l'abri dans l'une de ces aires de pique-nique avec des tables - mes sauveurs une fois de plus ! Je mange, je v\u00e9rifie l'itin\u00e9raire et je fais un peu de croquis. Vive ces petits haltes !<\/p>\n\n\n\n Jour 9 \u2013 La Voie lact\u00e9e | De Ryfoss \u00e0 Leira | 78 km \u2013 1 300 m de d\u00e9nivel\u00e9 <\/strong><\/p>\n\n\n\n C'est le moment de parcourir la Voie lact\u00e9e, le dernier grand moment fort de ce voyage. La m\u00e9t\u00e9o n'est pas id\u00e9ale : il fait froid, le ciel est couvert et la mont\u00e9e qui s'annonce semble assez s\u00e9rieuse. Mais comme je me dis toujours : d\u00e9coupe ce qui te fait peur en petits morceaux g\u00e9rables. Et n'oublie pas : tu peux toujours faire demi-tour.<\/p>\n\n\n\n Je commence \u00e0 p\u00e9daler et j'arrive \u00e0 un petit point d'information, d'o\u00f9 commence la mont\u00e9e vers le Mj\u00f8lkevegen. Je fais une petite pause, puis je reprends la route. Apr\u00e8s tout, ce sont les mont\u00e9es que j'aime le plus. C'est l\u00e0 que, coup de p\u00e9dale apr\u00e8s coup de p\u00e9dale, je retrouve mon rythme. Et c'est aussi comme \u00e7a que j'arrive \u00e0 rester au chaud !<\/p>\n\n\n\n Alors que je me rapproche du sommet, je commence \u00e0 ressentir le vent et le froid plus intens\u00e9ment. Je m'arr\u00eate pour mettre une autre couche de v\u00eatements et enfiler mes gants. Puis soudain, je vois un groupe de rennes. Ils courent ensemble, comme une famille, traversant la route juste devant moi. Je reste l\u00e0, \u00e9merveill\u00e9. J'ai l'impression d'\u00eatre dans un documentaire National Geographic. Le froid, la fatigue, les peurs, tout dispara\u00eet. Je remercie silencieusement la Norv\u00e8ge \u00e0 nouveau pour ce moment \u00e0 couper le souffle.<\/p>\n\n\n\n Je remonte sur le v\u00e9lo, et atteins enfin le sommet. Devant moi : une vue imprenable sur des pics d\u00e9chiquet\u00e9s, saupoudr\u00e9s de neige, envelopp\u00e9s de brume, apparaissant et disparaissant derri\u00e8re les nuages, et une vall\u00e9e qui se termine par un lac tranquille.<\/p>\n\n\n\n Je rencontre deux femmes, probablement la soixantaine, qui font du v\u00e9lo \u00e9lectrique. Elles sont norv\u00e9giennes et d\u00e9bordent d'\u00e9nergie. J'adorerais m'imaginer ainsi \u00e0 l'avenir ?. On discute un peu, je leur demande d'o\u00f9 elles viennent, ce qui m'attend de l'autre c\u00f4t\u00e9, et elles me prennent en photo.<\/p>\n\n\n\n Je commence la descente et c'est tellement beau que j'aimerais que \u00e7a ne finisse jamais. C'est l'\u00e9t\u00e9, mais les couleurs ressemblent au d\u00e9but de l'automne. Je m'arr\u00eate pour quelques photos de plus, puis je quitte \u00e0 contrec\u0153ur ce paysage. Il fait froid, tr\u00e8s nuageux, et la pluie est de nouveau en approche. Je cherche un camping pour la nuit, en esp\u00e9rant qu'il soit sec. J'ai besoin de recharger mes batteries pour la derni\u00e8re journ\u00e9e de cette aventure !<\/p>\n\n\n\n Jour 10 \u2013 De Leira au lac Buvatnet | 57 km \u2013 990 m de d\u00e9nivel\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n C'est le dernier jour du voyage, la derni\u00e8re \u00e9tape du p\u00e9riple. Le temps s'annonce prometteur et je veux terminer en beaut\u00e9. Je me dis que je ne peux pas quitter la Norv\u00e8ge sans vivre une vraie nuit de camping sauvage. Je veux trouver un endroit sp\u00e9cial, sur mon chemin de retour et o\u00f9 je me sentirai \u00e9galement en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s avoir parcouru diverses applications de spots de camping, j'en trouve une qui semble parfaite, j'ajuste donc mon itin\u00e9raire pour m'y rendre. Je m'assure \u00e9galement qu'elle est proche d'une ligne de train pour le lendemain, afin de pouvoir retourner facilement \u00e0 Oslo. Je n'ai aucune id\u00e9e de ce \u00e0 quoi cela va ressembler, mais je veux \u00eatre pr\u00e9par\u00e9. Je prends quelques provisions pour le d\u00eener et je pars \u00e0 v\u00e9lo. La route n'est pas particuli\u00e8rement remarquable, mais je ne sais pas encore que ce sera le plus bel endroit de camping sauvage que j'aie jamais eu.<\/p>\n\n\n\n J'entre sur un chemin de terre, avec plusieurs mont\u00e9es et descentes, jusqu'\u00e0 atteindre un grand lac. Je fais une pause pour \u00e9valuer les environs, mais je ne suis pas encore convaincu, alors je continue. Un autre lac s'ouvre devant moi, et j'essaie de trouver un chemin plus pr\u00e8s du rivage o\u00f9 je pourrais installer ma tente. Et je le trouve. Un petit espace avec des bateaux retourn\u00e9s, un lac calme comme un miroir, juste moi et la nature. C'est mon campement.<\/p>\n\n\n\n Comme toujours, j'attends un peu avant de planter ma tente, juste pour voir si d'autres personnes vont arriver. Depuis le lac, j'aper\u00e7ois deux cano\u00ebs qui approchent. Wow, personne n'arrive par la terre, mais quelqu'un arrive par l'eau ?! C'est un couple, ils font signe en passant et continuent de pagayer. Je me souris, r\u00e9alisant combien de fois j'ai imagin\u00e9 des sc\u00e9narios dramatiques dans mon esprit qui n'ont aucun lien avec la r\u00e9alit\u00e9 (nous cr\u00e9ons souvent ces petits films dans nos t\u00eates, mais la r\u00e9alit\u00e9 est toujours plus s\u00fbre que nos peurs).<\/p>\n\n\n\n Le ciel commence \u00e0 virer au rose. Les couchers de soleil norv\u00e9giens durent une \u00e9ternit\u00e9, et c'est le plus beau que j'aie jamais vu. Ce ciel rose se refl\u00e9tant sur l'eau, rien que pour moi. J'aimerais que \u00e7a ne finisse jamais. Je prends mon carnet de croquis et je commence \u00e0 peindre, m'impr\u00e9gnant du moment. Je pr\u00e9pare mon d\u00eener\u2026 et je n'ai presque pas envie d'aller me coucher. J'aimerais que ce moment dure pour toujours.<\/p>\n\n\n\n Jour 11 \u2013 Du lac Buvatnet \u00e0 Nesbyen | 18,9 km \u2013 110 m de d\u00e9nivel\u00e9 positif <\/strong><\/p>\n\n\n\n Je me r\u00e9veille \u00e0 nouveau devant ce lac. C'est tellement beau que je ne veux pas partir. Mais mon vol retour est d\u00e9j\u00e0 r\u00e9serv\u00e9, et je n'ai pas le temps de p\u00e9daler plus loin. Je prendrai un train pour retourner \u00e0 Oslo, o\u00f9 mon h\u00f4te Warmshowers m'attend. C'est presque enti\u00e8rement en descente, je donc j'arrive \u00e0 la gare rapidement. Je ne suis pas tout \u00e0 fait s\u00fbr du fonctionnement des trains, je demande donc \u00e0 quelques personnes, je t\u00e9l\u00e9charge une application, et je me rends compte que le train est complet ! Je d\u00e9cide d'attendre quand m\u00eame. J'ai de la chance : quand le train arrive, le contr\u00f4leur me dit qu'il y a une place libre pour moi. Je paie mon billet \u00e0 bord, je gare mon v\u00e9lo, et je m'assois \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d'une jeune fille n\u00e9erlandaise qui me dit qu'elle s'appr\u00eate \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager \u00e0 Barcelone. Quelle co\u00efncidence !<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s quelques heures, le train m'emm\u00e8ne \u00e0 Oslo. Le v\u00e9ritable point final de mon voyage. On dit que celui qui revient d'un voyage n'est jamais la m\u00eame personne que celle qui est partie. Cela fait moins de deux semaines que j'ai travers\u00e9 des parties de la Norv\u00e8ge \u00e0 v\u00e9lo, mais on dirait bien plus. Peut-\u00eatre est-ce le contraste des \u00e9motions et des paysages, le soleil et la pluie, l'effort et l'\u00e9merveillement, les larmes et la beaut\u00e9 qui ont accompagn\u00e9 chaque coup de p\u00e9dale.<\/p>\n\n\n\n Je me sens fatigu\u00e9, mais aussi plus fort. Plus l\u00e9ger. Plus heureux. J'ai r\u00e9ussi \u2013 j'ai r\u00e9alis\u00e9 un autre de mes petits r\u00eaves. J'ai travers\u00e9 ce que je ne peux d\u00e9crire que comme un petit paradis.<\/p>\n\n\n\n Alors que je descends du train et que j'entre dans la gare centrale d'Oslo, entour\u00e9 d'un flot de gens, un homme m'arr\u00eate et me demande : \u201cD'o\u00f9 venez-vous ?\u201d. Il me dit qu'il a fait une fois du v\u00e9lo jusqu'\u00e0 Barcelone et qu'il y d\u00e9m\u00e9nage bient\u00f4t. Oui, le monde est vraiment petit, et c'est incroyable comme les v\u00e9los peuvent nous connecter si naturellement. Je souris, je sors, et je laisse la ville m'envahir. Sans m\u00eame m'en rendre compte, un nouveau chapitre de ma vie avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n
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Je continue la route avec Andrea et Mijol. Une longue ascension nous attend, apparemment la plus ardue du voyage. Impossible de l'\u00e9viter, l'unique alternative \u00e9tant un tunnel interdit aux v\u00e9los. Heureusement, la route est goudronn\u00e9e et la premi\u00e8re partie surplombe le fjord. Cela me rappelle les vues de mes lacs ch\u00e9ris en Lombardie : l'horizon s'estompant dans des montagnes qui plongent \u00e0 pic dans l'eau.<\/p>\n\n\n\n
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